
Amputation et deuil du corps : retrouver une image de soi à Cagnes-sur-Mer

Caro Jestin
Psychopraticienne · Cagnes-sur-Mer
Quand le corps change, l'identité vacille
Vous vous regardez dans le miroir et quelque chose ne correspond plus à l'image que vous aviez de vous-même. Ce sentiment de décalage profond est l'une des premières choses que décrivent les personnes qui ont vécu une amputation. Ce n'est pas de la faiblesse, c'est une réaction humaine, normale, face à une perte réelle.
Une amputation, c'est une perte physique. Mais c'est aussi, souvent, la perte d'un geste quotidien, d'une façon de se déplacer, de travailler, de se tenir dans le monde. Le corps n'est pas seulement un outil, il est le support de notre identité, de notre histoire, de notre rapport aux autres.
« Je savais que j'avais survécu. Mais je ne savais plus très bien qui j'étais. »
Cette phrase, je l'entends souvent dans mon cabinet. Elle dit quelque chose d'essentiel : la souffrance après une amputation n'est pas uniquement physique. Elle est aussi identitaire et émotionnelle, et elle mérite d'être reconnue comme telle.
Ce que vous pouvez ressentir
Les émotions après une amputation sont souvent multiples et contradictoires :
- Choc et incrédulité : « Est-ce que c'est vraiment arrivé ? »
- Colère : contre la maladie, l'accident, la vie, parfois contre soi-même
- Tristesse profonde : pour ce corps d'avant, pour les projets qui semblent remis en question
- Honte ou gêne : face au regard des autres, dans les espaces publics
- Sentiment d'étrangeté : ne plus se reconnaître dans son propre reflet
Tous ces ressentis font partie du deuil du corps. Ce deuil-là est réel, même s'il est souvent invisible aux yeux de l'entourage.
Le deuil du corps : une souffrance trop souvent tue
Dans notre culture, le deuil est souvent associé à la mort d'un proche. Pourtant, on peut faire le deuil d'une partie de soi-même, d'une capacité, d'une apparence, d'une façon d'être dans le monde. Ce deuil-là est tout aussi légitime, et tout aussi douloureux.
Ce qui complique ce processus, c'est que la société attend souvent des personnes amputées qu'elles soient « courageuses », « positives », qu'elles « s'adaptent ». Cette pression silencieuse peut rendre très difficile l'expression de la souffrance réelle.
Pourquoi ce deuil est-il si difficile à traverser seul ?
- L'entourage, même bienveillant, ne sait pas toujours comment accueillir cette douleur sans la minimiser
- La rééducation physique mobilise beaucoup d'énergie, laissant peu de place à la dimension émotionnelle
- Certaines personnes ressentent de la culpabilité à souffrir psychologiquement alors qu'elles ont « survécu »
- Le membre fantôme, cette sensation persistante de sentir encore le membre absent, peut ajouter une couche de confusion et de détresse
Un exercice pour revenir doucement à soi
Voici une pratique simple que vous pouvez essayer, à votre rythme :
- Installez-vous confortablement, assis ou allongé, dans un endroit calme.
- Posez une main sur votre poitrine et respirez lentement, 4 secondes d'inspiration, 6 secondes d'expiration. Répétez 5 fois.
- Portez doucement votre attention sur une partie de votre corps que vous appréciez, qui vous soutient, qui est là.
- Nommez mentalement ce que cette partie de vous vous permet de faire, même quelque chose de petit.
- Restez ainsi 2 à 3 minutes, sans jugement.
Cet exercice ne résout rien, mais il peut aider à renouer progressivement avec le corps présent, plutôt que de rester fixé sur ce qui manque. Certaines personnes trouvent qu'il apaise momentanément la tension intérieure.
Quand consulter ? Ce que l'accompagnement peut apporter
Il n'y a pas de « bon moment » pour demander de l'aide. Mais certains signaux méritent attention :
- Vous évitez les miroirs, les espaces publics, le regard des autres depuis plusieurs semaines
- Vous ressentez une tristesse qui ne passe pas, un sentiment de vide ou d'inutilité
- Vous avez du mal à vous projeter dans l'avenir, même à court terme
- Vous vous sentez incompris de votre entourage, même lorsqu'ils font des efforts
- Vous traversez des moments de colère ou de désespoir qui vous font peur
Si vous vous reconnaissez dans l'un ou plusieurs de ces points, vous n'avez pas à traverser cela seul.
Ce que je propose à Cagnes-sur-Mer
En tant que psychopraticienne spécialisée dans l'accompagnement du deuil, je vous offre un espace confidentiel et sans jugement pour mettre des mots sur ce que vous traversez. Ensemble, nous pouvons explorer ce que cette perte représente pour vous, dans votre histoire, votre rapport à vous-même, à votre corps, aux autres.
L'objectif n'est pas d'effacer la douleur ni de « passer à autre chose » trop vite. C'est de vous aider à intégrer cette expérience à votre rythme, et à retrouver progressivement un sentiment de continuité avec vous-même.
Apprivoiser une nouvelle image de soi, ce n'est pas oublier ce qu'on était. C'est apprendre à se reconnaître autrement.
Je reçois à Cagnes-sur-Mer et accompagne également les personnes des communes voisines : Nice, Antibes, Vence, Saint-Laurent-du-Var. Des séances à distance sont possibles si vous ne pouvez pas vous déplacer.
