
Perfectionnisme et confiance en soi : quand trop bien faire bloque

Caro Jestin
Psychopraticienne · Cagnes-sur-Mer
Quand « bien faire » ne suffit jamais
Vous relisez un message trois fois avant de l'envoyer. Vous repoussez un projet parce que le moment n'est « pas encore idéal ». Même après une réussite, une petite voix souligne ce qui aurait pu être mieux.
Si cela vous parle, vous êtes loin d'être le seul dans ce cas. Le perfectionnisme est très répandu, et il est souvent perçu comme une qualité : sérieux, rigueur, exigence. La difficulté apparaît quand cette exigence ne laisse plus aucune place à l'erreur.
Ce que j'entends souvent en cabinet
Dans mon cabinet à Cagnes-sur-Mer, certaines phrases reviennent régulièrement :
- « Ce n'est jamais assez bien. »
- « Si je ne peux pas le faire parfaitement, autant ne pas le faire. »
- « Les autres vont finir par voir que je ne suis pas à la hauteur. »
- « Je n'arrive pas à déléguer, personne ne le fera comme il faut. »
Le lien avec la confiance en soi
Chez certaines personnes, la recherche de perfection peut s'accompagner d'une peur de ne pas être à la hauteur. Lorsque la valeur personnelle semble dépendre de la performance, une erreur peut être vécue comme une remise en cause de soi, et non comme un simple accident de parcours.
Cela peut fragiliser l'estime de soi, sans que ce soit systématique ni identique pour tous. On observe aussi, parfois, de la fatigue, de la procrastination, de l'évitement ou une tendance à se comparer sans cesse.
Le « parfait » est un horizon qui recule à mesure qu'on avance.
C'est le paradoxe : vouloir trop bien faire peut finir par freiner l'action elle-même. Vous n'êtes pas en cause pour autant : cette exigence a souvent une histoire et, bien souvent, une fonction de protection.
Un exercice pour desserrer l'étau : « assez bien »
Cet exercice dure environ 15 minutes. Il ne prétend rien résoudre, mais certaines personnes trouvent qu'il aide à observer leur exigence plutôt que de la subir.
Étapes à suivre
- Choisissez une tâche à faible enjeu : un e-mail simple, un repas, un rangement.
- Définissez « assez bien » : sur une feuille, notez au maximum deux critères qui rendraient cette tâche suffisante.
- Réglez un minuteur sur 10 minutes. Réalisez la tâche sans dépasser ce temps.
- Relisez ou revérifiez une seule fois, pas plus.
- Faites une pause de 3 respirations : inspirez 4 secondes par le nez, expirez 6 secondes par la bouche, une main posée sur le sternum.
- Notez deux choses : votre niveau d'inconfort de 0 à 10, et ce qui s'est réellement passé (une conséquence, une réaction des autres, ou rien).
Ce que vous pouvez observer
Après quelques essais sur plusieurs jours, comparez vos notes. Il arrive que l'inconfort anticipé soit plus fort que les conséquences réelles. Il arrive aussi que l'inconfort reste élevé, et c'est une information précieuse en soi.
Une question à vous poser
Face à une erreur, demandez-vous : « Que dirais-je à une personne proche qui vivrait la même chose ? » Le ton employé envers autrui est souvent plus doux que celui qu'on s'accorde. Remarquer cet écart peut être un premier pas vers un rapport plus bienveillant à soi-même.
Si l'exercice fait monter beaucoup d'anxiété ou de découragement, ne vous forcez pas. Il est alors recommandé d'en parler avec un professionnel.
Quand consulter ?
Une exigence élevée n'a rien d'anormal en soi. Il peut en revanche être utile d'en parler quand elle prend trop de place dans votre quotidien.
Vous vous reconnaissez peut-être dans l'une de ces situations :
- Vous évitez des projets ou des prises de parole par peur de ne pas faire assez bien.
- Vous vous sentez fatigué par le contrôle permanent de ce que vous faites.
- Une critique, même légère, vous reste en tête pendant des jours.
- Vous n'arrivez plus à vous réjouir de vos réussites.
- Votre entourage vous dit de « lâcher prise », mais vous ne savez pas comment.
Ce que je propose
En tant que psychopraticienne, je vous offre un espace d'écoute sans jugement, à votre rythme. Nous pouvons explorer ensemble d'où vient cette exigence, ce qu'elle cherche à protéger, et comment vous pourriez entretenir avec vous-même une relation plus apaisée.
Cet accompagnement ne remplace pas un avis médical. Si vous ressentez une anxiété importante, des troubles du sommeil persistants ou une tristesse qui s'installe, je vous encourage à en parler aussi à votre médecin.
Si vous pensez que cet article décrit ce que vous vivez, je serais heureuse d'échanger avec vous à Cagnes-sur-Mer.

