
Syndrome de l'imposteur : pourquoi vous doutez malgré vos réussites

Caro Jestin
Psychopraticienne · Cagnes-sur-Mer
Ce que vous ressentez quand tout va bien… sauf en vous
Vous venez d'obtenir une promotion, de terminer un projet ambitieux, ou de recevoir un compliment sincère. Et pourtant, quelque chose en vous murmure : « Ils ne savent pas vraiment qui je suis. »
Ce sentiment — discret mais tenace — est au cœur de ce qu'on appelle le syndrome de l'imposteur. Il ne s'agit pas d'un manque de compétences. Il s'agit d'un écart douloureux entre ce que les autres voient de vous et ce que vous croyez être réellement.
Les signes que vous reconnaîtrez peut-être
- Vous attribuez vos succès à la chance ou aux circonstances, jamais à vous-même
- Vous redoutez qu'une erreur un jour « prouve » que vous n'étiez pas à la hauteur
- Vous préparez davantage que les autres, pour compenser ce que vous pensez ne pas avoir
- Vous avez du mal à recevoir un compliment sans le minimiser
- La réussite ne vous soulage pas — elle déclenche une nouvelle peur
Ces expériences sont très fréquentes, en particulier chez les personnes exigeantes, créatives ou ayant évolué dans des environnements compétitifs. Vous n'êtes pas seul(e) dans cette salle d'attente intérieure.
« Ce n'est pas que vous manquez de valeur. C'est que vous ne savez pas encore comment la voir. »
Ce que j'observe souvent dans mon accompagnement, c'est que le syndrome de l'imposteur ne disparaît pas avec davantage de succès. Il se nourrit parfois de chaque nouvelle réussite, comme si chaque marche montée élevait aussi le risque de chute.
D'où vient ce sentiment, et pourquoi persiste-t-il ?
Le syndrome de l'imposteur a été décrit pour la première fois dans les années 1970 par deux chercheuses américaines, Pauline Clance et Suzanne Imes. Elles ont observé ce vécu chez des femmes à haut niveau de réussite — mais on sait aujourd'hui qu'il touche tout le monde, sans distinction de genre ou de parcours.
Il ne s'agit pas d'un trouble, ni d'une faiblesse de caractère. C'est une configuration intérieure qui s'est construite, souvent à partir de messages reçus très tôt : « Ne te vante pas. », « Tu aurais pu mieux faire. », « Les autres sont plus doués que toi. »
Ce qui entretient le cycle
- Une réussite arrive → vous l'attribuez à la chance
- La peur de l'échec s'intensifie → vous compensez par le surmenage
- Vous réussissez à nouveau → vous vous dites que vous avez encore eu de la chance
- Le doute reste intact — le cycle recommence
Ce mécanisme peut s'observer dans de nombreuses situations : prise de parole en public, changement de poste, création d'entreprise, parentalité, retour aux études. Le contexte change, la voix intérieure, elle, reste la même.
Certaines personnes trouvent que ce sentiment s'intensifie précisément dans les moments de visibilité accrue — quand on leur demande d'être vues, reconnues, ou de prendre de la place. Ce n'est pas anodin : cela touche souvent à des questions d'identité, de légitimité, et de rapport à l'autre.
Un exercice pour commencer à changer de regard sur vous-même
Je vous propose un exercice simple, que vous pouvez faire dès maintenant, seul(e), en quelques minutes.
L'exercice du témoin bienveillant
Ce qu'il vous faut : un carnet ou une feuille, 10 minutes, un endroit calme.
- Écrivez une réussite récente — même petite. Un mail bien rédigé, une conversation difficile bien menée, un engagement tenu.
- Notez ce que vous avez pensé juste après : avez-vous minimisé ? Attribué ça à autre chose ?
- Posez-vous cette question : « Si c'était un ami qui m'annonçait cette réussite, que lui dirais-je ? »
- Écrivez cette réponse — avec la même bienveillance que vous auriez pour lui.
- Relisez-la en vous l'adressant à vous-même. Respirez lentement : inspirez 4 secondes, expirez 6 secondes. Répétez 3 fois.
Cet exercice ne résout pas tout. Mais il entraîne quelque chose d'essentiel : la capacité à vous voir autrement que comme un imposteur. Ce regard-là, il peut s'apprendre.
Quand consulter ?
Si ce sentiment de ne pas être légitime envahit votre quotidien — au travail, dans vos relations, dans vos prises de décision — il peut être utile d'en parler à un professionnel.
Dans le cadre de mon accompagnement en psychopratique à Cagnes-sur-Mer, je vous propose un espace pour explorer ensemble d'où vient cette voix intérieure, comment elle s'est construite, et ce qui pourrait vous aider à vous en distancer progressivement. Chaque parcours est différent, et je vous accueille là où vous en êtes, sans jugement et à votre rythme.
Vous méritez de vous voir tel(le) que vous êtes vraiment — pas tel(le) que votre peur vous raconte.
